A quand l’inversion durable de la courbe du chômage ?

L’inversion de la courbe du chômage avant la fin de l’année 2013. Plus qu’un slogan, une véritable litanie pour le président de la République et le gouvernement.

Et à quelques jours de la date fatidique, force est de constater que la confiance du gouvernement quant à l’atteinte de cet objectif demeure intacte. A en croire effectivement les déclarations du 19 décembre du premier ministre Jean-Marc Ayrault, « nous y sommes quasiment ». Mieux, selon Michel Sapin, le ministre du travail, « cet objectif est déjà atteint puisqu’au mois d’octobre le nombre des chômeurs, pour la première fois depuis cinq ans, a diminué en France ».

Il faut dire aussi que le gouvernement a mis tous les moyens en œuvre pour atteindre sa cible. Si le contrat de génération réalise pour le moment un flop, on ne peut en effet pas en dire autant du contrat d’avenir. Ainsi, en novembre, ce sont au total 86 000 emplois d’avenirs qui avaient été jusque-là signés (contre 20 000 en juin).

Mais soyons sérieux un instant. Qui rêve aujourd’hui de signer un contrat d’avenir ?

Ce type d’emplois aidés soutient artificiellement la reprise sur le marché de l’emploi que le gouvernement tente par tous les moyens de nous vendre pour les fêtes de fin d’année. Et pour s’en rendre compte, il suffit d’allumer son poste de télévision ou d’ouvrir son journal ; pas une semaine ne passe sans qu’un plan social ne soit décidé quelque part en France.

Alors oui, forcément la courbe du chômage finira un jour ou l’autre par s’inverser. Mais quand exactement ? Dans sa dernière note de conjoncture, l’INSEE ne perçoit aucune amélioration sur le marché de l’emploi avant la fin du premier semestre 2014. Mais que François Hollande et le gouvernement se rassurent, à terme, ils relèveront leur pari, c’est certain.

En revanche, concernant le caractère durable de l’inversion, c’est une autre histoire…

Anthony Benhamou


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