Zone euro : ça décélère encore…

Même si elle s’avère légèrement meilleure que prévue, la croissance de la zone euro a continué de ralentir au troisième trimestre 2019. En effet, au cours de ce dernier et tout comme au trimestre précédent, le PIB eurolandais n’a progressé que de 0,2 %.

Son glissement annuel est ainsi tombé de 2,8 % au troisième trimestre 2017 à 1,6 % un an plus tard et désormais 1,1 %. Il s’agit là d’un plus bas depuis le quatrième trimestre 2013.

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La croissance de la zone euro poursuit sa décrue.

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Sources : Eurostat, ACDEFI

Pour ne rien arranger et très logiquement, le taux de chômage de la zone euro a arrêté de baisser et s’est stabilisé à 7,5 % en septembre.

Le taux de chômage eurolandais ne baisse plus.

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Sources : Eurostat, ACDEFI

Que ce soit en termes de croissance ou de chômage, le différentiel avec les Etats-Unis demeure donc très élevé. En effet, au troisième trimestre, la croissance américaine a certes ralenti, mais est restée très appréciable : 0,5 % sur le trimestre (soit 1,9 % en rythme annualisé) et 2 % en glissement annuel. Il s’agit d’un plus bas depuis le quatrième trimestre 2016, mais qui fait figure de bonne performance compte tenu de la durée historique du cycle de croissance actuel outre-Atlantique (47 trimestres !).

La croissance américaine ralentit aussi…

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Sources : BEA, ACDEFI

De plus, en dépit d’une légère baisse, l’écart de croissance avec la zone euro demeure proche de 1 point à l’avantage de l’Oncle Sam.

… mais reste nettement supérieure à celle de l’UEM.

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Sources : Eurostat, BEA, ACDEFI

Le différentiel de taux de chômage est encore plus impressionnant, puisque ce dernier est de 3,5 % aux Etats-Unis, contre 7,5 % dans la zone euro.

Le plein-emploi s’installe aux Etats-Unis, mais demeure toujours loin dans la zone euro.

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Sources : Eurostat, BEA, ACDEFI

Le gros problème est que le recul de la croissance eurolandaise est loin d’être terminée. En effet, corroborant les dernières enquêtes Markit, Sentix et ZEW, l’enquête de la Commission européenne d’octobre a été particulièrement mauvaise. Ainsi, après avoir déjà reculé de 1,4 point en septembre l’indice de sentiment économique en a encore perdu 0,9 en octobre. Depuis le début 2018, il a plongé de 15,2 points.

Avec un niveau de 100,8, il atteint désormais un plus bas depuis décembre 2014 et montre que le glissement annuel du PIB eurolandais devrait tomber vers 0 % d’ici le premier trimestre 2020.

Vers un glissement annuel du PIB eurolandais de 0 % d’ici le premier trimestre 2020.

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Sources : Eurostat, Commission européenne, ACDEFI

Un tel résultat est d’ailleurs déjà observable dans le troisième pays de l’UEM, en l’occurrence l’Italie. Et pour cause : après avoir connu en 2018 sa troisième récession en une décennie (une première dans l’Histoire des pays développés depuis l’après-seconde Guerre Mondiale), l’économie italienne demeure « scotchée » autour de la croissance zéro. Encore plus dramatique, le niveau actuel du PIB transalpin reste 5,0 % inférieur à celui d’avant-crise, c’est-à-dire du premier trimestre 2008.

L’Italie toujours en difficulté.

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Sources : Eurostat, ACDEFI

Face à ce drame italien, la progression du PIB français de 0,3 % au troisième trimestre 2019 pourrait presque paraître formidable. Il n’en est malheureusement rien. Tout d’abord, parce que cette progression s’explique principalement par le dérapage des comptes publics (cf. notre « Humeur » de la semaine).

En dépit d’une débauche de moyens budgétaires, la croissance française reste molle.

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Sources : INSEE, ACDEFI

De plus, sur ce même troisième trimestre, tant la consommation des ménages que l’investissement logement et l’investissement des entreprises ont ralenti notablement. Autrement dit, en dépit d’une débauche de moyens budgétaires, la croissance française et ses principaux moteurs restent affaiblis et fragiles.

En un an, le glissement annuel du PIB français a été divisé par trois.

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Sources : INSEE, ACDEFI

Pour ne rien arranger, le glissement annuel des prix à la consommation a continué de reculer en octobre. Il atteint ainsi 0,7 % tant en France que dans la zone euro. De quoi rappeler que les risques déflationnistes n’ont toujours pas disparu.

France et zone euro : l’inflation rechute à 0,7 %.

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Sources : INSEE, Eurostat, ACDEFI

Au final, nous confirmons nos prévisions d’une croissance annuelle moyenne 2019 de 1,3 % en France, 1,1 % dans la zone euro et 0,3 % en Italie. Quant à 2020, la croissance sera partout inférieure à 1 %.

Marc Touati