Dangereuse décroissance en Allemagne et au Japon.

Même si un mauvais résultat était attendu dans les deux cas, la chute marquée du PIB au troisième trimestre tant en Allemagne qu’au Japon a de quoi inquiéter.

Dans l’Archipel nippon tout d’abord puisqu’il s’agit de la deuxième baisse du PIB en trois trimestres : – 0,2 % au premier trimestre 2018, + 0,5 % au deuxième et – 0,3 % au troisième.

Le glissement annuel du PIB japonais est ainsi passé de 2,1 % au quatrième trimestre 2017 à désormais 0,4 %, un plancher depuis le premier trimestre 2015, c’est-à-dire lorsque le Japon sortait péniblement de sa dernière récession.

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EconomicWorld191118

A peine trois ans après sa dernière récession, le Japon replonge déjà.

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Sources : BoJ, ACDEFI

Dans ce cadre, et même si un rebond technique s’observe au quatrième trimestre, la progression annuelle moyenne du PIB nippon devrait tout juste atteindre 0,8 % en 2018, un point bas depuis2014.

De quoi confirmer que l’ancien challenger des Etats-Unis dans la course au leadership de l’économie mondiale reste engoncé dans la croissance molle, en dépit de taux d’intérêt monétaires négatifs, d’une « planche à billets » pléthorique et d’une dette publique de bientôt 250 % du PIB.

Dans ce cadre, il est clair que l’Archipel nippon continuera de perdre du terrain, tant vis-à-vis de l’Oncle Sam que de son frère ennemi historique, l’Empire du milieu.

Autrement dit, le Japon ne retrouvera jamais son rang de deuxième puissance économique mondiale et restera coincé à la troisième place, en attendant d’être dépassé par l’Inde, qui occupe actuellement la cinquième place.

Il en sera donc de même de l’actuel quatrième puissance mondiale, en l’occurrence l’Allemagne, qui, elle aussi, a connu une baisse inquiétante de son PIB au troisième trimestre 2018.

En effet, après avoir crû confortablement depuis 2015 et d’encore 0,4 % au deuxième trimestre 2018, laissant croire qu’il pourrait résister à toutes les tempêtes, le PIB allemand a reculé de 0,2 % au troisième trimestre 2018.

Son glissement annuel atteint désormais 1,1 %, un plancher depuis le premier trimestre 2015, qui était lui-même un plus bas depuis le troisième trimestre 2013.

L’Allemagne plonge et entraîne l’ensemble de la zone euro dans son sillage.

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Sources : Eurostat, Destatis, INSEE, ACDEFI

Une fois n’est pas coutume, l’Allemagne a tiré la zone euro vers le bas, affichant un glissement annuel de son PIB plus bas que celui de l’UEM (1,7 %) et même que celui de la France (1,5 %).

Italie-Allemagne-France : le tiercé perdant de la zone euro.

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Sources : Eurostat, ACDEFI

Certes, la déconvenue allemande s’explique en partie par un fort ajustement baissier du secteur automobile qui devrait être en partie corrigé au quatrième trimestre 2018.

Néanmoins, les faits sont là : si la locomotive de la zone euro (qui représente d’ailleurs 33 % du PIB ne cette dernière) cale, l’ensemble du train va suivre.

D’ailleurs, prolongeant la baisse des indices Markit et Sentix des derniers mois, l’indice ZEW des perspectives d’activité de la zone euro a encore fortement reculé en novembre.

Avec un niveau de – 22, il atteint même un plus bas depuis juillet 2012, une époque où le glissement annuel du PIB de l’UEM oscillait autour de – 1 %.

Autrement dit, il est acquis que la croissance eurolandaise, qui a déjà nettement baissé ces derniers trimestres, va encore plonger et se rapprocher de la barre du 0 % d’ici le printemps 2019.

Vers une croissance eurolandaise nulle voire négative d’ici le printemps 2019.

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Sources : Eurostat, ZEW, ACDEFI

D’ores et déjà, il faut noter que depuis le début 2018, tous les pays de la zone euro ont enregistré une nette baisse du glissement annuel de leur PIB.

Il en est encore de même au troisième trimestre 2018, à l’exception de la Belgique et de l’Espagne, qui restent néanmoins très fragiles.

Même les anciens champions de la croissance eurolandaise, en l’occurrence l’Autriche et les Pays-Bas commencent à ralentir nettement.

Même l’Autriche et les Pays-Bas ralentissent fortement.

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Sources : Eurostat, ACDEFI

Que dire alors de l’Italie qui, avec un glissement annuel de son PIB de 0,8 % touche un point bas depuis le deuxième trimestre 2015 !

L’Espagne et le Portugal résistent tant bien que mal, mais l’Italie plonge.

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Sources : Eurostat, ACDEFI

Il faut donc s’y faire, la zone euro est déjà retombée dans l’atonie économique, et malheureusement, pour au moins un an.

Marc Touati