Croissance 2017 : 2,5 % en Allemagne, 2,3 % dans la zone euro et 1,8 % en France.

Sans surprise, Eurostat vient de confirmer que la croissance du PIB eurolandais a bien été de 0,6 % au troisième trimestre 2017, permettant à son glissement annuel d’atteindre 2,5 %, un plus haut depuis le premier trimestre 2011.

Pour le septième trimestre consécutif, la zone euro est ainsi leader de la Triade, c’est-à-dire que sa croissance annuelle est supérieure à celle des Etats-Unis et de du Japon (respectivement 2,3 % et 1,6 % au troisième trimestre 2017).

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La zone euro leader de la « Triade ».

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Sources : BEA, Eurostat, BoJ, ACDEFI

Au sein même de l’UEM, si les disparités se réduisent, elles restent néanmoins conséquentes.

Les différences de croissance au sein de la zone euro restent notables.

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Sources : Eurostat, ACDEFI

L’économie eurolandaise demeure ainsi tractée par quatre locomotives : les Pays-Bas, l’Espagne, l’Autriche et l’Allemagne, qui, au troisième trimestre, affichent des glissements annuels de respectivement 3,3 %, 3,1 %, 3,1 % et 2,8 %.

A l’inverse, la performance de croissance de la zone euro est tirée vers le bas par la France (2,2 %), l’Italie (1,8 %) et la Belgique (1,7 %), sachant que nous ne connaissons pas encore les résultats de la Grèce…

Notons également que l’écart de croissance France-Allemagne se creuse de nouveau à l’avantage de la seconde, confirmant que la première continue de pâtir de structures économiques trop rigides.

L’écart de croissance Allemagne-France se creuse de nouveau.

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Sources : Destatis, INSEE, ACDEFI

En fait, depuis 2010, la croissance française est restée constamment inférieure à celle de l’Allemagne (à l’exception des premiers et deuxième trimestres 2013).

Au total, du premier trimestre 2010 au troisième de 2013, l’écart cumulé de croissance entre l’Allemagne et la France atteint 27,4 points.

On comprend dès lors pourquoi le taux de chômage allemand avoisine les 3,5 %, contre 9,7 % en France.

Parallèlement, rappelons que la France n’a plus enregistré d’excédent budgétaire depuis 1974, tandis que l’Allemagne accumule des excédents publics depuis 2014.

Conséquence logique de ces évolutions, la dette publique française frôle les 100 % du PIB, alors que celle de l’Allemagne recule vers les 60 %.

Là aussi, il n’y a pas de miracle, puisque le ratio dépenses publiques / PIB n’a cessé de progresser en France pour se stabiliser dernièrement à environ 57 %, contre une baisse de 48 % à 44 % au cours des quinze dernières années outre-Rhin…

Mais il n’y a pas que l’Allemagne qui a réussi à réduire ses dépenses publiques et à retrouver le chemin de la croissance soutenue.

Les Pays-Bas et l’Autriche en ont fait de même, voire encore mieux, puisque leur croissance se stabilise autour des 3 %.

La croissance des Pays-Bas et de l’Autriche continue de dépasser les 3 %.

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Sources : Eurostat, ACDEFI

Les pays d’Europe du Sud ont également réalisé des efforts conséquents et surtout payants.

Que ce soit en Espagne ou au Portugal, la croissance se stabilise durablement vers 3 %. Seule l’Italie reste à la peine, mais notons que le glissement annuel de son PIB est remonté à 1,8 % au troisième trimestre 2018, un plus haut depuis le premier trimestre 2011.

L’Espagne et le Portugal continuent de surperformer la zone euro, tandis que l’Italie va mieux mais reste à la peine.

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Sources : Eurostat, ACDEFI

Malheureusement, cela n’est pas encore suffisant pour permettre au PIB italien de retrouver son niveau d’avant-crise. Il lui est encore inférieur de 5,9 %

C’est pire que la Finlande (- 1,5 %) et le Portugal (- 2 %), mais évidemment largement mieux que la Grèce (- 26,7 % au deuxième trimestre 2017).

Quatre pays de la zone euro n’ont toujours pas retrouvé leur niveau de PIB du début 2008.

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Sources : Eurostat, calculs ACDEFI

De quoi rappeler que la zone euro va certes mieux, mais qu’elle demeure fragile et surtout encore trop disparate.

 

Marc Touati