Sarkozy, Taubira, Valls : politique circus.

La foudre semble s’abattre sur Nicolas Sarkozy, certains allant même jusqu’à parler de harcèlement voire de complot… Après l’affaire Buisson dont il est la victime mais qui pourrait potentiellement le compromettre, ce sont désormais les révélations par le quotidien le Monde des écoutes téléphoniques de l’ancien Président de la République et son conseil Thierry Herzog qui font l’actualité. Ainsi, des écoutes ont été ordonnées dans le cadre d’un supposé financement libyen de la campagne présidentielle de 2007. Elément important, l’interception d’une conversation portant sur un avocat général de la Cour de cassation Gabriel Azibert a donné lieu à une information judiciaire distincte pour violation du secret professionnel et pour trafic d’influence. Bigre… Pour Nicolas Sarkozy, cette affaire s’ajoute à une longue liste, celle des sondages de l’Elysée, de la procédure d’arbitrage de Tapie, de la nomination de François Perol à la tête de la BPCE etc… Sans parler des dommages collatéraux de l’affaire Guéant.

S’il faut bien sûr respecter la sacrosainte présomption d’innocence, force est de constater que compte-tenu du climat actuel et de l’accumulation des mises en causes, grand nombre de nos compatriotes souscrivent à l’adage populaire selon lequel « il n’y a pas de fumée sans feu ». Il est vrai que les ennemis de l’ancien locataire de l’Elysée se comptent sur les doigts de plusieurs mains. Les juges tout d’abord qu’il n’a cessé de « mitrailler »  et de mettre en cause pendant son quinquennat. Le pouvoir en place ensuite, qui le honnit tant personnellement que politiquement, à commencer par François Hollande qui le considère toujours comme son plus redoutable adversaire pour 2017. Mais entre se réjouir des affaires qui s’abattent sur lui et en être à l’origine, il y a un pas que nous ne franchirons pas. En revanche, l’UMP n’hésite pas à pousser des cris d’orfraie devant ce qu’elle considère comme de l’acharnement envers leur champion déchu en 2012 et cela, à seulement quelques jours des élections municipales.

Alors que l’UMP et Nicolas Sarkozy semblaient être les grands perdants de ce feuilleton juridico médiatique, un important retournement s’est produit, mettant en cause la parole de la garde des Sceaux. En effet, Christiane Taubira avait annoncé le 10 mars au JT de David Pujadas devant des millions de Français : « je ne dispose pas du contenu de la procédure. » La réalité est toute autre puisqu’elle a en sa possession ces éléments depuis le 26 février. Avant que le Canard enchainé ne révèle le pot aux roses, c’est Jean-Marc Ayrault en personne qui est monté au créneau pour rétablir la vérité. Il est en effet d’usage que lorsque le juge d’instruction verse les écoutes au dossier, le Procureur Général transmette les informations au ministre de la justice. Nous avons donc aujourd’hui un « Taubira Gate » que l’UMP monte bien sûr en épingle pour demander haut et fort la tête de la locataire de la place Vendôme.   

Cette dernière a été d’une médiocrité affligeante dans sa défense, expliquant qu’il s’agissait « d’imprécision et de malentendu », mais que jamais au grand jamais il n’y avait eu mensonge. Cela nous rappelle bien sûr un certain Jérôme Cahuzac. La vérité est toute autre car la question qui était posée à Madame Taubira était limpide et sa réponse sans ambiguïté. Après cela, ce fut au tour de Manuel Valls d’affirmer qu’il avait pris connaissance de la procédure dans les journaux… Le ministre de l’Intérieur censé être l’homme le mieux informé de France qui ignorait déjà tout de l’affaire Cahuzac est donc soit un incompétent soit un menteur… Quel spectacle affligeant pour nos concitoyens à une période où la France est le maillon faible de la zone euro et où les réformes structurelles nécessaires au redressement de notre économie ne sont toujours pas enclenchées. Cela ne fait malheureusement que nourrir le rejet grandissant d’une majorité de Français envers ceux qui les gouvernent et envers la classe politique dans son ensemble. Le clairon du « tous pourris » est reparti de plus belle, alimentant l’abstention et la montée du Front National. Quelle tristesse…

 

La phrase de la semaine :

« Il a voulu s’occuper personnellement de tout, au mépris des règles; il a donné un poids considérable à ses conseillers. Et voilà le résultat.» de François Fillon à propos de Nicolas Sarkozy.

rôme Boué